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L’Habeas Corpus: la morale et nos principes ne sont pas nés des religions !

« Tu ne tueras point, tu ne voleras point, tu ne mentiras point … ». Bref des principes au fondement de la morale et de l’éthique d’aujourd’hui, qu’on tend systématiquement à mettre sur le compte de la Bible comme source, mais qui sont bien plus antérieurs à l’Islam, la Chrétienté ou au Judaïsme. Les religions ont été leurs vecteurs dans une certaine mesure au cours du Moyen Âge, mais de quand datent réellement ces principes ? Et avaient-ils une origine religieuse ?

La plus ancienne preuve écrite d’une table de loi reprenant ces principes retrouvée à ce jour se nomme l’Habeas Corpus ou autrement appelée le « Code d’Hammurabi » du nom d’un roi mésopotamien du XVIIIème siècle avant notre ère. Il régissait sur la cité-état de Babylone. Il y mit en place un corpus de loi arrangé de façon thématique, par association d’idées. On y trouvait un certain nombre de règles traitant des aspects du quotidien, tels que le foncier, le mariage, mais aussi le vol, le faux témoignage (d’où le mensonge), l’inceste et le meurtre.

Ces lois seront connues et appliquées plus tard par un certain Abraham, habitant de cette même Babylone, que bon nombre attribue la paternité du monothéisme et du recueil qui deviendra plus tard les « écritures saintes ». Ces lois seront par la suite repris pour élaborer les tables de loi (les 10 commandements) présentées par Moïse à son peuple élu. Les Juifs (aujourd’hui la plus ancienne mémoire collective encore existante) les véhiculeront une bonne partie de l’antiquité jusqu’à l’ère chrétienne.

Autrement dit que ces principes moraux auxquels nous sommes attachés actuellement ne sont ni d’origine religieuse et pis ni d’origine chrétienne. Ils sont vieux de près de 4000 ans et ont servi à vouloir organiser la vie en société depuis. Si aujourd’hui bon nombre de religieux conservateurs tentent de nous faire croire qu’ils ont le monopole de ces valeurs, c’est qu’ils voient là un fond de commerce dont ils sont loin d’avoir l’exclusivité, car leurs « concurrents » les véhiculent, en théorie, également tant elles sont anciennes.

Rendons la société laïque effective !

La France, la seule République Laïque dans le monde avec la Turquie (quoique la politique de ce pays ces dernières années laissent dubitatifs), se veut sécularisée, voire plus, de toute religion. Mais, quoiqu’on en pense, on peut constater que c’est loin d’être le cas.

Tout d’abord, si on regarde le calendrier: on a un « Saint » pour chaque jour, les jours fériés sont majoritairement des fêtes chrétiennes et surtout notre compteur d’année est basé sur une estimation de l’année de naissance de Jésus Christ. A la révolution française, un calendrier républicain n’avait-il pas été établi ? Il est clair que les complications de la mise en place d’un tel calendrier viendraient de la concordance des calendriers restés grégoriens dans la plupart des pays du monde entier …

Ensuite, la Moselle et l’Alsace connaissent une exception religieuse depuis leur retour en France en 1918. L’Eglise Catholique y est subventionnée par les collectivités locales, les écoles ne sont pas laïques et de surcroît le Président de la République est la personne qui nomme les cadres religieux dans cette région. Il est clair que l’Alsace et la Moselle ont manqué la loi de 1905 (ils étaient alors des territoires allemands) qui sépare officiellement le politique et le religieux en France, mais leur annexion de 1918 est bientôt centenaire. Pourquoi ne pas leur supprimer cette « exception religieuse » et enfin devenir laïques ?

Par ailleurs, lors de l’enterrement d’un Pape, comme on a pu le voir en 2005 à la mort de Jean-Paul II, M. et Mme Chirac étaient venu en recueillement à la Cathédrale Notre Dame de Paris au premier rang en tant que chef d’Etat … Mais pourquoi un chef d’un état laïque, d’un pouvoir temporel, rend hommage à une personne du pouvoir spirituel ? On peut comprendre que M. et Mme Chirac aient des convictions personnelles de ce côté, mais pourquoi ne se mettaient-ils pas dans le public en tant que croyants au lieu de parader en tant que Chef d’Etat ?

Pourquoi en France trouve t-on désormais dans les écoles privés (généralement financées par des religieux) un enseignement d’un meilleur niveau que dans les écoles publiques et républicaines ? L’Etat n’investit plus assez pour attirer les meilleurs professeurs dans le giron des écoles primaires, collèges et lycées de Volaire, Rousseau, Montesquieu et Dideront. Ceux qui ont pensé notre esprit libéré de toute croyance que nous voulons mettre en avant, un esprit débarrassé de tout dogme facteur de manipulation et éclairé par toute découverte, tout progrès en tout genre.